Editions Allia

Lieux-dits

Hélène Ling

“Je retrouvais autour du double portail cette alchimie parisienne mêlant les fumées de dioxyde aux vapeurs d’outre-tombe, cette fertilisation mutuelle qui avait si bien réussi à la ville, lui donnant encore de nos jours son atmosphère bien conservée – le génie du lieu.”
Une jeune Française installée à Berlin se trouve dans l’obligation de rentrer à Paris pour assister aux funérailles de son père, un important marchand et collectionneur d’art. Elle profite, durant les jours précédant l’enterrement, de sa rencontre avec un groupe de jeunes touristes coréens pour renouer avec la ville où elle a grandi. Leur enthousiasme vient contraster avec son approche désenchantée de la culture dans son ensemble. Les points d’attraction culminants du parcours (la maison de Marcel Proust, une pièce de Brecht, la Bibliothèque Nationale…) ne sont pour la jeune fille que les fossiles d’un art qui fut autrefois vivant. L’animosité qu’elle éprouve pour un père qui exploita la valeur marchande de l’art et la lassitude que représente pour elle l’exploitation d’une culture vidée de sa substance pourront-elles être contrebalancées par l’essor que lui insuffle l’œil neuf que portent sur l’art ses compagnons de fortune ? Doublement embaumé (à travers le corps de son père et à travers sa récupération par la ville de Paris), l'art peut-il connaître à ses yeux une forme de résurrection ? Avec un sens de l’observation et de la satire particulièrement aigu, Hélène Ling se livre, loin de toute nostalgie passéiste, à une critique radicale de la culture moderne, sans que jamais la théorie ne vienne entraver le fil romanesque de son récit.

La fin de l'art

Le génie du lieu