Editions Allia

Superstitions

Francesco Masci

“Je ne m’attarderai pas sur l’odeur de décomposition qui émane des institutions de la culture. Je ne suis ni antiquaire ni nécrophile et je n’aime pas tripoter les cadavres. Je livrerai plutôt ici les prolégomènes à une histoire des effets de la culture moderne, qui peuvent se résumer à la connivence, jamais démentie, des événements avec le cours du monde qu’ils croient constamment tenir sous la menace d’une révolution.”
La culture moderne fonctionne sur l’idée perpétuellement entretenue et renouvelée que l’œuvre d’art viendrait s’affronter à l’ordre établi. Les “installations”, les “happenings“ manifestent de la façon la plus évidente cette volonté d’influer sur la société. Or Francesco Masci démontre dans Superstitions que cette culture, impuissante à produire un objet propre, n’engendre que des “événements”, toujours attendus, consommés puis oubliés, et incapables de marquer profondément la société. Il nomme “superstition“ ce sentiment d’attente que la culture moderne parvient à créer entre chaque événement et la définit ainsi : “cette invention résolument moderne qui doit être comprise comme une abêtissante contrainte interne à croire que quelque chose doit être vrai”. Elle façonne chez l’homme moderne une forme d’obéissance qui vient cimenter la société au lieu de la remettre en cause. S’appuyant sur une impressionnante érudition philosophique et artistique, Superstitions est un véritable pavé jeté dans la mare de l’art contemporain, qui, loin de n’être qu’une dénonciation de plus de ses excès, remet fondamentalement en cause l’ensemble de la culture moderne.

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